Paléonthologie prospective
Arbre évolutif spéculatif
Sur cette page, je présente un arbre évolutif imaginaire, conçu à partir de la production d’espèces du futur générées par algorithmes. Il déroule une fiction du vivant à travers plusieurs ères géologiques inventées, comme autant de couches de temps où la vie se réinvente sans cesse. Chaque branche ouvre sur une hypothèse, chaque forme sur une mutation possible.
L’arbre propose une promenade au cœur d’une évolution spéculative, où les bestioles imaginées avec ComfyUI deviennent les témoins d’un futur encore invisible. Il ne s’agit pas de représenter une nature stable, mais de suivre ses transformations successives, ses effondrements, ses reprises et ses bifurcations. Cette structure devient ainsi un récit visuel du vivant en devenir.
À travers cette cartographie fictive, je cherche à rendre sensible la continuité entre les formes, les ruptures et les renaissances. L’arbre agit comme un modèle mental autant qu’un support de circulation entre les œuvres. Il donne accès à une généalogie inventée, mais cohérente, où chaque espèce participe à l’écriture d’un monde à venir.
Des ères fictives pour un futur probable
L’évolution de cet arbre se déploie à travers plusieurs ères imaginées : l’Anthropocène, le Plasticène, le néo-carboniferous et le néo-organisme. Chacune de ces périodes correspond à une transformation radicale du vivant, souvent précédée par un effondrement qui laisse place à de nouvelles formes de vie. Le récit avance ainsi par disparitions successives et recommencements primitifs.
Dans cette chronologie fictive, chaque rupture marque un retour vers des formes bactériennes élémentaires, comme si la vie devait toujours repartir de zéro pour mieux se réinventer. Ce cycle de destruction et de recomposition permet d’imaginer d’autres logiques d’adaptation. Il donne à voir un futur où l’évolution n’est plus linéaire, mais faite de retours, de détours et de réorganisations.
Ces ères inventées ne cherchent pas à prédire l’avenir, mais à en explorer les seuils possibles. Elles servent de cadre à une méditation sur la résilience du vivant et sur ses capacités de transformation. L’arbre devient alors un atlas temporel de la mutation.
Du pixel à la matière
Les espèces qui composent cet arbre sont produites par algorithmes génératifs, puis déployées dans différents états de présence. Certaines existent sous forme numérique, d’autres comme NFT sur objkt.com, et d’autres encore comme hologrammes intégrés à des sculptures. Cette circulation entre supports prolonge leur existence et leur donne plusieurs modes d’apparition.
Le passage d’un médium à l’autre crée un continuum entre l’image, l’objet et la trace. Chaque bestiole change de statut selon son environnement, tout en conservant une filiation avec les autres formes de la série. Le numérique n’est pas ici une fin, mais une étape dans un processus de transformation plus large.
Cette manière de faire permet d’inscrire les œuvres dans un arbre de parenté visible, où chaque version devient une variation d’une même espèce. Le NFT, l’hologramme et la sculpture participent ainsi d’une même génétique imaginaire. Ils racontent ensemble comment une forme peut migrer, muter et s’incarner dans plusieurs réalités.
Filiation des œuvres numériques
Cet arbre montre le travail de filiation qui donne naissance à mes œuvres numériques et à mes NFT. Il rend visible les liens entre les générations d’images, les évolutions formelles et les passages d’un état à un autre. Dans cette logique, chaque œuvre n’est pas isolée, mais reliée à une lignée de transformations.
La filiation n’est pas seulement biologique ou esthétique, elle est aussi narrative et spéculative. Elle permet de comprendre comment une forme peut engendrer une autre, comment une image peut devenir corps, puis trace, puis matière projetée. Ce processus construit une mémoire dynamique de mon travail.
En montrant cette généalogie, l’arbre propose une lecture plus large de mon univers artistique. Il devient une structure de transmission entre les œuvres, mais aussi entre les mondes qu’elles inventent. À travers lui, le spectateur perçoit les liens invisibles qui relient les images, les objets et les futurs qu’ils abritent.
de la conscience à la matière
En reprenant le travail de Philippe Guillemant, il devient possible d’imaginer une conscience collective capable de faire naître de formidables organismes dans le futur. Cette idée ouvre une réflexion sur les relations entre perception, imagination et émergence du vivant. L’art peut alors devenir un espace où s’expérimentent des formes de pensée partagée.
Mais au-delà de la projection vers demain, il s’agit surtout de laisser aujourd’hui la place au vivant qui cherche déjà à se transformer. Le rôle de l’artiste n’est pas de figer cette mutation, mais de l’accompagner, de la rendre visible et de lui offrir un terrain d’accueil. L’œuvre devient une zone de cohabitation entre les êtres, les formes et les possibles.
En ce sens, cet arbre évolutif n’est pas seulement une fiction spéculative. Il est aussi une invitation à reconnaître les forces de transformation déjà à l’œuvre sur Terre. Et peut-être à nous demander comment, nous aussi, continuer à accompagner ces métamorphoses et nous transformer.
