Sculpteur au bord du Futur

Les Incarnée s

Les Incarnées sont deux sculptures holographiques et sonores nées d’une vision inspirée par le travail de Pierrick SORRIN.

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Incarnée

1er Sculpture holographique
h:30 cm – 2024

Incarnée dans la Matière

2ème Sculpture holographique
h:50 cm – 2025

La paléontologie prospective est une discipline qui retourne la logique du temps : elle utilise les lois de l’évolution du vivant non pour lire le passé, mais pour imaginer les formes de vie à venir. Inspiré par les travaux de Jean-Sébastien Steyer (CNRS/MNHN), Fred Naud applique cette démarche à son travail de sculpteur.

Cinq extinctions massives ont déjà reconfiguré le vivant sur Terre. Chacune a réduit la biodiversité à son minimum avant que la vie reparte, plus inventive que jamais. L’Anthropocène n’est pas une fin. C’est un exposome planétaire qui bascule vers autre chose.

Tempus Evolutionis Vitae Post Hominum, c’est 4 ères prospectives paléontologiques: le Plasticène (λ), le plastique devient une source de carbone; le Néo-carboniferous (ψ), Le Co2 atmosphèreique sédimente; les Néo-organismes (φ), le vivant repart de cette roche noire, comme une lumière au coeur des ténébres.

Chaque ère est une hypothèse dans laquelle s’intégre des oeuvres sculpturales et numériques.

Tempus Evolutionis Vitae Post Hominum

Aujoud'hui

[λ].Anthropocène

Exposome planètaire actuel

Le plastique envahit nos océans, nos sols, notre alimentation, un exposome toxique d’une civilisation consumériste. Pourtant, sur les fragments flottants, des bactéries se sont déjà installées et s’en nourrissent : c’est la plastisphère, phénomène réel et documenté. De consommer du pétrole à consommer du plastique, il n’y a qu’un petit pas de bactérie. Car le plastique reste une formidable source de carbone, brique élémentaire de tout le vivant. Ces micro-organismes remonteront vers la surface, s’adaptent déjà et coloniseront ce nouveau monde synthétique. Ce qui est poison deviendra ressource. L’oxygène que nous respirons était, il y a 3,5 milliards d’années, le déchet toxique des cyanobactéries, le plastique suivra le même chemin.

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+ 145 000 ans

[ψ].Plasticène

Exposome riche en plastique

Dans 140.000 ans, la Terre aura traversé un sixième étranglement évolutif. Les organismes les plus aptes à métaboliser le plastique ont pris le dessus, c'est l'ère du Plasticène. La grande transformation dont le vivant est capable brille de mille feux : symbioses digestives entre bactéries plasticophages et organismes complexes, chaînes alimentaires entièrement construites sur nos déchets synthétiques. C'est l'apogée des symbioses digestives, certains ont pu observer des oiseaux qui s'allimentent exclusivement de déchets plastiques dérivant.

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+ 1 250 000 ans

[φ].Néo-carboniferous

Exposome riche en Carbone

Plus d'un million d'années se sont écoulées après notre ère. Une grande sédimentation atmosphérique a lieu sur la surface de la Terre : tout le CO₂ rejeté pendant des millénaires se précipite et commence à former une couche dense et noire recouvrant les continents et les fonds océaniques, c'est le Néocarbonifère. Après la mort engendrée par le début de ce phénomène chimique unique, la vie reprend son expansion, plus créative, plus inventive, plus étrange que jamais.

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+ 800 000 000 années

[Ω].Néo-organismes

Exposome encore inconnus

Dans 800 millions d'années, cela fait longtemps que la sédimentation du CO₂ est terminée. L'exposome s'est stabilisé. La roche et le vivant ont fusionné, difficile de percevoir les limites entre l'un et l'autre. Sur les parois rocheuses de nos vestiges, les micro-organismes du Néocarbonifère ont évolué pendant de longues périodes de temps pour donner naissance aux Néo-organismes. Une véritable explosion de biodiversité sans précédent, de nouvelles alliances entre minéral et organique. De rien, un grand tout est en cours de création.

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L’humanité n’est peut-être pas la fin ? Elle est une étape !

Autodidacte formé aux sciences marines à l’IFREMER, je construis depuis plus de vingt ans une œuvre à la croisée de l’art, des sciences du vivant et des technologies. C’est en formation aéronautique que je tombe amoureux du carbone, cette matière noire, dense, captivante, qui devient la signature visuelle de mon travail. Inspiré par l’oeuvre de P.Soulages et la vision évolutionniste de JB.de Lamarck, je développe une esthétique organique et sculpturale où le minéral et le vivant se confondent.

L’Homme a tracé une ligne entre ce qui est naturel et ce qui est artificiel. J’efface cette ligne. Cinq extinctions massives ont déjà reconfiguré le vivant sur Terre, chacune a supprimé plus de 75% des espèces avant que la vie ne reparte, plus créative que jamais. L’oxygène que nous respirons était, il y a 3,5 milliards d’années, le déchet toxique des cyanobactéries. Et si le carbone que nous rejetons devenait le terreau fertile des néo-organismes de demain ?

A travers Tempus Evolutionis Vitae Post Hominum, j’imagine quatre ères géologiques futures peuplées de créatures nées de l’adaptation à leurs exposomes. En 2023, les algorithmes génératifs ouvrent une nouvelle dimension. En 2025, les Incarnées fusionnent sculpture, hologramme et son. Des organismes numériques du futur incarnés dans la matière et le présent. Tout comme l’humanité, le numérique s’est incarné pour s’offrir au regard et nous montrer le monde autrement.

Passerelle « Art & Science »

Photo de Denis MICHEL, sédimentologue à la retraite et ami.

Denis MICHEL
Docteur en Sédimentologie

Il y a quatre milliards d’années, le processus vivant s’initiait sur Terre. Le type de milieu où la vie est apparue et les mécanismes qui ont présidé à son émergence restent inconnus.

La vie est restée au stade unicellulaire, puis multicellulaire jusqu’à l’explosion cambrienne. De ce “big bang zoologique” survenu il y a à peine 540 millions d’années ont émergé la trentaine de plans d’organisation à partir desquels se déclinent toutes les espèces animales au cours de l’évolution biologique.

L’être humain, accident de la nature, apatride de la biodiversité, organisme relativement puissant et potentiellement émancipé, demeure indéfectiblement manié par des mécanismes naturels qui le dépassent ; il est à présent le jouet de l’évolution technologique dont les rouages profonds sont d’essence naturelle, comme ceux de l’évolution biologique.

Les artistes ont le talent de puiser leur inspiration dans l’incommensurable épaisseur historique qui les constitue pour nous donner à voir des espaces imaginaires à travers leurs créations.

Fred Naud est manifestement fasciné par l’histoire évolutive de la vie sur notre planète ; ainsi, le carbone, ingrédient fondamental des objets vivants est à la base de plusieurs de ses œuvres, associé à des représentations d’autres facteurs de la vie : lumière, eau et chaleur.

De son laboratoire d’artiste visionnaire émergent des œuvres éblouissantes de sens, tel son guéridon emblématique mettant en scène la “soupe” primordiale – milieu théorique un temps très cher aux scientifiques –, dont la métaphore habite toujours les esprits. L’inventivité de ce génial architecte de mondes nouveaux est résolument infinie, comme celle du processus vivant et de l’esprit humain.

Mes inspirations …

Pierre SOULAGE

Peintre < 1919 – 2022 >


« Mon instrument n’était plus le noir, mais cette lumière secrète venue du noir. »

Jean-Baptiste de LAMARCK

Naturaliste < 1744 – 1829 >


« Ce ne sont pas les organes qui ont donné lieu aux habitudes ; mais ce sont les habitudes qui ont, avec le temps, constitué la forme du corps. »

Pierrick SORRIN

Artiste Vidéaste < 1960 >


« Ma démarche artistique interroge sur le sens de l’existence. Mais j’aime quand c’est drôle. »

Baptiste MORIZOT

Philosophe < 1983 >


« C’est au moment où la nature nous malmène le plus qu’il s’agit de retrouver confiance dans les puissances du vivant : ses puissances de régénération et de résilience. »

Philippe GUILLEMANT

Retraité Ingénieur Physicien CNRS
< 1958 >


« Ce futur existe déjà mais il n’est pas figé car il est modulé en permanence par la conscience collective. »

Jean-Sébatien STEYER

Paléontologue CNRS/MNHN
< 1958 >


« Le futur appartient à celui qui a la plus longue mémoire. »
(citation de Nietzsche qu’il revendique comme sienne)